Les causes d’amputation

On divise classiquement les causes principales d’amputation en trois grandes catégories : les causes traumatiques, les causes pathologiques et les amputations congénitales.

1. Les accidents

Les accidents représentent environ 20% des amputations.

Les amputations traumatiques sont dues essentiellement à des accidents de la voie publique, des accidents domestiques, ou encore de travail, à des gelures, ou à des brûlures-électrocutions.

En ce qui concerne les accidents de la voie publique, on note qu’il s’agit essentiellement de personnes jeunes, en moto le plus souvent, et que 70% des personnes amputées suite à un accident de la voie publique ne sont pas en tord.

Dans ce cadre traumatique, l’amputation est réalisée dans un contexte d’urgence lorsque les lésions sont irrémédiables et ne permettent pas une conservation du membre. Elle peut être effectuée dans un second temps, si l’on constate que les traitements conservateurs sont voués à l’échec ou s’il survient des complications.

2. Les maladies

80% des étiologies des amputations sont dues à des causes pathologiques dont 65% touchent les personnes de plus de 65 ans.

  • Différentes pathologies peuvent être évoquées :  les artérites qui sont des lésions artérielles d’origine inflammatoire ou dégénérative aboutissant à l’épaississement des parois avec parfois la dilatation et ou l’oblitération des vaisseaux. C’est le cas des gangrènes et des ischémies sensitivo-motrices. Elles représentent la cause la plus fréquente d’amputation tous âges confondus. Elles sont le plus souvent séniles, ou préséniles mais peuvent survenir plus précocement (tabagisme, maladie de Buerger, etc.).
  • l’artériosclérose qui est une maladie dégénérative athéromateuse des artères. Dans cette situation, nous retrouvons les patients diabétiques chez lesquels l’évolution est lente sans signes douloureux. En effet, c’est surtout l’atteinte des branches distales des artères des membres inférieurs qui peut conduire à une gangrène ischémique (interruption de l’irrigation sanguine). Le risque d’amputation chez un diabétique est 15 fois plus élevé.
  • les cancers par une prolifération anarchique des cellules (tumeurs malignes) qui s’étendent rapidement et ont tendance à se généraliser. On y retrouve les sarcomes et les ostéosarcomes.

3. Les amputations congénitales

Dans un membre, l’aplasie ou absence congénitale de tissu ou d’organe réalise une lésion qui peut être l’équivalent d’une amputation, mais aussi, plus souvent, produire un membre malformé, pourvu d’une extrémité normale ou non.

La fréquence est difficile à établir, elle varie en fonction des critères de sévérité des lésions. Pour Bardot et Hindermeyer (1981), la fréquence des grandes agénésies des membres semble se situer autour de 10 à 15 cas pour 100 000 naissances.

Ces agénésies correspondent à des malformations dues soit à une cause médicale (comme dans les années 1960 avec la tragédie du thalidomide), soit à une anomalie embryonnaire (une embryopathie).

4. Les autres causes

Pierquin (1982) décrit des causes plus rares d’amputation pathologiques comme les infections telles que le purpura fulminans et de façon plus exceptionnelle la lèpre ou l’actinomycose, ou encore comme les affections neurologiques (spina bifida, agénésies rachidiennes inférieures).

Il faut encore citer les guerres et les mines antipersonnelles comme des causes malheureusement encore importantes d’amputation (Afghanistan, Irak, Cambodge, Angola, …). En effet, malgré la mise en place en 1997 d’une convention signée par 130 pays (en 1999 135 pays) visant à interdire ces armes, en 1998, on dénombrait encore plus de 1200 accidents par les mines anti-personnels au Cambodge.

Certaines amputations peuvent être liées à des convictions religieuses. En effet, encore aujourd’hui, les sanctions pénales prévues par la loi de l’islam, dont les applications concrètes sont très variables selon les pays, prévoient l’amputation de la main des voleurs, et de un ou plusieurs membres pour les rebelles et brigands

Enfin, bien que celles-ci soient relativement rares, il ne faut pas oublier d’évoquer les erreurs médicales comme une cause susceptible d’engendrer une amputation.

5. Le nombre d’amputés en France

Dernière mise à jour : avril 2007

Les statistiques sur le nombre d’amputés en France sont rares et parfois anciennes. Les estimations les plus habituellement citées font mention de 100 à 150 000 amputés en France. Bien sûr, les chiffres dépendent fortement de la définition de l’amputation (membre inférieur ou supérieur) et du niveau d’amputation (majeur ou partiel ou distal). Une amputation de doigt ou d’orteil n’a rien avoir avec une amputation de membre nécessitant l’usage d’une prothèse.

Les chiffres d’activité des établissements de soins (codé selon le PMSI) permettent une estimation plus précise. Ces chiffres permettent de connaitre de façon relativement précise le nombre de personnes ayant subi une amputation en une année en France. A partir de ces chiffres, le nombre total d’amputés ne peut être qu’une estimation.

A titre indicatif, en 1990, l’incidence des amputés majeurs du membre inférieur était estimée à environ 8300 nouveaux cas / an et la prévalence à 90 000 (nombre total de personnes amputées mb inf).

L’incidence est sensiblement la même actuellement (selon les données PMSI) : 8203 cas comptabilisés en 2001 et 7825 en 2005. Le nombre d’amputations fémorales serait légèrement supérieur au nombre d’amputations tibiales (voir tableau ci dessous).

Le nombre d’amputations de membres supérieurs représenterait environ 10 % à 15 % des amputations de membres inférieurs.

En résumé, nous serions un peu plus de 100 000 à 150 000, et nous serions rejoints chaque année par 8 300 à 9000 nouvelles personnes.

D’après des données de l’HAS (février 2007).

Pour en savoir plus :