Une transat pour soutenir les personnes amputées

 

Dimanche 24 octobre 2021, le bateau Adepa (pour l’Association de défense et d’étude des personnes amputées) et son équipage s’élanceront depuis la pointe d’Arradon (Morbihan) pour une traversée de l’Atlantique direction La Guadeloupe. À l’occasion de ce départ, un pot sera offert à la jetée de la pointe d’Arradon à 11 h 30.

Quatre à bord

Le projet est porté par l’Arradonnais Daniel Gachignard, lui-même amputé en dessous du genou gauche après un accident domestique grave survenu en 2006, et correspondant régional pour Adepa.

En Savoir Plus…

Première Etape

Ressentis du skipper d’ADEPA.fr sur cette première étape.
Mille milliards de mille sabords de tonnerre de Brest ils sont quand même partis!
Eh oui! au bout de presque deux ans de préparation intensive nous sommes partis du port de Vannes dimanche 24 octobre à 10h30 en direction de l’arc Antillais, bateau tagué avec les adhésifs de quelques sponsors et tout particulièrement AQUALEG notre sponsor principal, sous les couleurs d’ADEPA association de défense d’amputés. Une petite délégation de l’APPV était présente pour nous souhaiter bon vent.
Premier stop à la cale d ‘Arradon où une bonne cinquantaine d’Arradonais nous attendait malgré le temps froid, venteux et humide. Nous avons partagé quelques bouts de rillettes et de pâté du Mataf accompagnés de quelques bouteilles de cidre, quelques chips se sont envolés pour le grand plaisir des mouettes.

Pour en savoir plus

Mardi 2 Novembre

 

Ça y est notre séjour à la Corogne se termine, nous devrions repartir demain matin en direction de Madère avec un vent plus favorable. Pour les vagues ce n’est pas gagné, il devrait rester pas mal de houle, tant mieux les orques qui rodent dans les parages auront le mal de mer et du coup ne viendront pas nous bouffer notre safran.
Nous avons profité de cette halte pour refaire les niveaux, retrouver nos kilos perdus, à certains moments il a fallu bien chercher, même que des fois on ne les récupérait que 3 grammes par 3 grammes.
La ville est vraiment très sympa et animée le soir, comme toutes ces villes espagnoles.
Nous sommes contents de partir mais Jean Louis est un peu déçu, il avait fait d’énormes progrès en espagnol (bon quand on part de zéro c’est plus facile aussi). Maintenant il a un challenge à relever; faire aussi bien avec le portugais.
Merci pour vos SMS via IRIDIUM, ça fait plaisir d’avoir ce lien avec la vie des terriens.
Nous avons constaté que quelques un de vos messages étaient tronqués, cela pourrait venir de votre navigateur, apparemment ça marcherait bien avec chrome.
N’oubliez pas de mettre en début de message votre nom ou prénom que l’on puisse savoir rapidement de qui et pour qui est destiné ce message. Le N° de tel ne suffit pas nous ne les avons pas tous en tête. (Tous les messages arrivent sur la même boite).
Vous devriez pouvoir nous suivre en direct par satellite, sur cette deuxième étape, par pas de 4 heures avec des infos sur nos conditions de nav.
Également une vidéo montée par notre mediawoman Brigitte sera disponible sur YouTube avant le départ.
Arrivée prévue vers lundi.

Mercredi 3 Novembre

 

Mercredi 10h45 nous quittons la Corogne avec une belle fenêtre météo sur le papier mais en se demandant quand même comment ça allait être dehors. La veille, nos voisins de ponton sur un amel kirk de Vannes, sont revenus à leur point de départ. Ils avaient pris 40 nœuds dans le pif, donc il devrait rester un peu de houle mais nous savions que Thomas (NDLR Pesquet) faisait du rab pour nous surveiller.
Des morbihannais sur place (il y en a partout) nous font quelques adieux puis direction le grand large et là on commence à voir ce qui va nous attendre : une houle de 4 mètres et davantage de vent que prévu mais c’est navigable. Nous prenons vite deux ris et quelques tours de rouleaux et nous cherchons à traverser le DST (Dispositif de Séparation du Trafic) au plus vite, sur les conseils de Yann notre ami routeur à terre. C’était la bonne option, nous n’avons vu que très très peu de bateaux par la suite.
Dans l’après midi nous avons croisé plusieurs dauphins et trois orques à 200 m du bateau dans le même sens que nous et là ça calme ! Je n’avais pas trop la tête à me faire sucer, titiller voire mordiller le safran, le mal de mer n’était pas loin.

Mercredi 14 Novembre

 

TAG de Valentin sur le ponton de Funchal

Arrivée à LANZAROTE aux iles Canaries

Lundi 22 Novembre

 

Mémoires d’un mousse: d’Arradon à Funchal.

Le 24 octobre, avec les aurevoir d’une cinquantaine d’amis, Olyan quitte Arradon pour les Amériques.
Olyan, c’est le voilier du team Adepa (l’association de défense et d’étude des personnes amputées) avec dans ses rangs Daniel, notre skipper émérite, Brigitte, son épouse tout aussi émérite et charmante, qui plus est, tous deux propriétaires du vaisseau, Bruno, marin sans faille, et moi, Jean-Louis, le mousse de service qui ne craint que la courte-paille.
La pluie nous surprend très vite sur notre route à la rencontre des Ibères.
Le vent contraire étire notre traversée du Golfe de Gascogne au-delà de nos désirs, mais après quelques jours, nous atterrissons tout de même le 28 octobre
au port de La Corogne sous le chaud soleil de l’Espagne.
Une première dépression, puis une seconde nous gardent en otage dans cette belle ville que nous parcourons avec plaisir tout en rongeant notre frein de ne pouvoir hisser les voiles vers d’autres cieux.
Notre patience est enfin récompensée, nous larguons les amarres le 3 novembre et, après six petites journées de navigation, nous mouillons le mardi 9 en baie de Funchal , au pied de Madère, l’île des printemps éternels.
La traversée s’est révélée musclée.
Nous avions quitté La Corogne au premier signe qui semblait sourire à nos projets, mais le souffle glacé du nord et la mer très creuse avaient décidé de jouer avec nous. Les trois orques entr’aperçus peu de temps après notre départ ne sont pas là pour nous rassurer.
Olyan file au grand largue avec plus de 20 noeuds de vent, souvent plus de 25 et parfois au-delà de 30 noeuds.
Les vagues annoncées à 3 mètres, sont plus proches des 5 mètres de hauteur et, au fil des heures, deviennent de moins en moins organisées.
Nous vivons de longs moments de chahut et de nausée, mais le pilote gère au mieux le vent et la mer.
Bruno, impassible, nous sauve régulièrement de la famine et de la déshydratation.
Engoncés dans nos cirés, la brassière capelée et la longe amarrée dans le cockpit, nous prenons notre quart à tour de rôle.
Les conditions lentement s’améliorent, la mer s’essouffle et la douceur du sud nous rejoint. Nous croisons une tortue et étrennons la canne à pêche, au grand dam d’une petite bonite et d’un maquereau.
Le vent reste soutenu et nous propulse au plus vite vers notre destination.
Dans la nuit, Madère brille bientôt de mille minuscules feux, tels les braises sous la cendre.
Au petit matin, nous abordons l’île.
Le port de Funchal est saturé, nous dit-on, mais au terme d’une courte négociation, Daniel se voit attribuer une place au ponton.
Nous avons hâte d’explorer cette île dont on nous a tant vanté les charmes; les frimas du nord sont loin et c’est en tenue d’été que nous partons à sa découverte.

Jean-Louis.