10 juillet 2011

La moto

Page en construction adaptée d’après Handicap Motards Solidarité.

La pratique de la moto avec une prothèse nécessite quelques adaptations mais est possible. Les modifications doivent être adaptées au cas par cas, et dans ce domaine, l’expérience de ceux qui se sont gratté la tête avant vous est précieuse. A titre d’exemple, vous pouvez lire le témoignage de Jean-Luc Obadia (voir ci dessous), qui est amputé fémoral droit et qui est remonté sur une moto plusieurs années après son accident. Vous pourrez constater que son témoignage est rempli d’une foule de détails techniques qui ne sont pas inutiles et pourront vous faire gagner du temps si, vous aussi, vous décidez de remonter sur une moto.

A titre indicatif, d’autres exemples de modifications vous sont proposées ci-dessous. Si vous avez des informations à partager sur ce sujet avec d’autres amputés, laissez nous un mail, votre aide sera précieuse.

Le sélecteur de vitesse se trouvant à gauche, la pratique de la moto par les personnes amputées en tibial ou en fémoral de ce côté nécessite une adaptation. Plusieurs solutions sont possibles (voir photos) :

La modification du sélecteur permettant le passage des vitesses uniquement par appui de talon, en particulier pour les amputés tibiaux gauche,

Le mise en place par un équipementier d’un sélecteur électronique avec un contacteur au guidon à l’index droit (utile pour les amputés tibiaux comme les amputés fémoraux).

Pour les amputations de membre supérieur, une prothèse spécifique avec amortisseur doit être conçue (voir photo ci-dessous)

Témoignages:

Jean-Luc OBADIA

Quels sont les problèmes posés par la prothèse?

Tout d’abord, on ne peut pas la maintenir en position fixe : les cahots de la route, les modifications de trajectoire font que le pied ripe peu à peu du repose-pied et que tout d’un coup c’est toute la jambe qui descend vers le bas ! Et pas question d’attacher le pied sinon, à l’arrêt, on fait comment?

La position de conduite et l’assise peuvent être inconfortables du fait de l’emboîture qui peut remonter haut sur la fesse et du genou, dont le degré de flexion peut être limité : il y a donc un compromis à trouver pour pouvoir conduire sans fatigue. L’idéal est de pouvoir régler les hauteurs de guidon, de selle et des repose-pieds.

Le béquillage de la moto ne m’a pas posé de problème : étant amputé de la jambe droite, je prends appui sur la prothèse et utilise le pied gauche pour manœuvrer l’ergot de la béquille centrale. La W650 n’étant pas difficile à béquiller (malgré ses 220 kg) il n’y a eu aucun apprentissage particulier à faire.

Le démarrage (en situation normale, sur terrain plat) se fait en deux temps : les deux pieds à plat sur le sol, moteur au point mort, démarrage électrique…

puis prendre appui sur la jambe droite et passer la première….. embrayer et démarrer en levant légèrement le genou droit (la prothèse décroche du sol)….

prendre un peu de vitesse et dès que l’équilibre est assuré, lâcher la main droite qui va prendre la prothèse pour la caler sur le repose-pied.

Au bout de quelques jours la manoeuvre devient automatique.

Les difficultés ? En ville, bien sur ! Il m’est arrivé de faire plusieurs centaines de mètres la prothèse dans le vide, avant de pouvoir trouver l’espace dégagé suffisant pour la caler.

La conduite à allure normale (50 en ville, 90 sur route) ne pose pas d’autre problème que le maintien de la prothèse en position fixe, à tel point qu’on l’oublie vite, trop vite ! A grande vitesse ? Je ne sais pas, je n’ai pas essayé !

A faible vitesse j’ai eu (pendant mes deux mois de conduite en solo) de grosses difficultés pour les virages serrés sur la droite. Sans doute l’appréhension de la chute avec l’impossibilité de se rattraper de ce côté, ou un problème de position du corps…. Je n’ai pas élucidé et n’ai pas essayé de trop approfondir en cherchant les limites.

L’arrêt ? Ca se complique : il faut le prévoir ! Ou alors on fait comme un avion qui n’a pas sorti son train d’atterrissage d’un côté…. pas beau à voir. L’idéal est de s’arrêter, la moto en parfait équilibre et, d’une petite poussée sur le guidon de la main gauche (c’est à dire tourner le guidon vers la droite) diriger l’inclinaison de la moto vers la gauche… et poser le pied ! Le paragraphe est court parce que c’est soit la réussite, soit la chute (je considère comme exceptionnelle la fois où j’ai failli tomber à un Stop et ou j’ai réussi à me rattraper à force de contorsions de tout le corps, comme un Cow-boy au rodéo).

La chute a son paragraphe dédié ! D’abord il faut dédramatiser : ça se passe à l’arrêt, c’est pas bien grave. La prothèse est coincée sous la moto ? C’est pas ça qui fait mal. Non chuter est embêtant parce que tout seul je n’arrive pas à redresser la moto. Les valides ne se rendent pas compte à quel point les deux jambes sont nécessaires au moindre effort : pousser une porte à fermeture automatique (celles qui sont dures à ouvrir), porter un paquet lourd, etc…

Alors relever 200 kg de ferraille ! Enfin, les quelques fois où ça m’est arrivé il y avait toujours quelqu’un. Même l’aide d’un gamin peut suffire pour relever la moto, c’en est vexant !

Les solutions? Le pare-carter qui évitera les gros dégâts (genre carter rayé, clignotant cassé, guidon tordu) ou le side-car.

Le side-car.

C’est de toute façon AUTRE CHOSE que la moto

Il faut tout oublier de la conduite de la moto et ne pas croire non plus qu’on ne peut plus tomber. Une moto chute ; un side, ça se retourne, même à basse vitesse

Par contre gros avantage pour l’amputé de jambe droite que je suis : le side est à droite et j’ai pu confectionner un repose-pied supplémentaire pour la prothèse, genou moins plié = meilleur confort.

Question aménagement du side, mon handicap n’a rien nécessité de plus que pour l’aménagement de la moto solo.

L’aménagement

En fonction de mon handicap il a fallu trouver un moyen pour actionner le frein arrière autrement qu’avec la pédale au pied droit.

Diverses solutions sont possibles (voir sur le site d’HMS Handicap Motard Solidarité)

  • Le frein au pied gauche (par pédale parallèle ou au talon),
  • Le frein au pouce gauche (une manette en opposé du levier d’embrayage),
  • Le frein à main gauche (un levier supplémentaire situé en dessous ou au-dessus du levier d’embrayage).

Pour des raisons de simplicité j’ai choisi le levier à main gauche, et, après plusieurs essais, levier de frein au dessus de l’embrayage. C’est ce qui me convient le mieux !

 

Comme la roue arrière est équipée d’un frein à tambour, c’est un deuxième câble qui part du levier (à l’origine un câble de frein de Quad) pour arriver à la biellette du tambour (allongée pour augmenter l’efficacité du freinage) équipée pour recevoir ce câble supplémentaire. Le frein arrière peut donc s’actionner de deux façons: main gauche ou pied droit (mais pas pour moi) .

 

A l’usage j’ai quand même retiré la pédale de frein, celle-ci n’étant pas compatible avec le repose-pied supplémentaire.

Ce montage a le mérite de préserver le système d’allumage du feu stop: le déplacement de la biellette du tambour va agir sur la tige de frein d’origine (à gauche sur la photo) et sur le contacteur stop.

L’efficacité du freinage dépend de la force exercée sur le levier et de la longueur des différents bras de levier (manette au guidon et biellette de tambour).

J’ai essayé d’agir sur les deux en utilisant pour le frein au guidon un levier d’embrayage de Kawasaki 1300 et en faisant rallonger par le serrurier de Clermont l’Hérault la biellette de tambour.

L’inconvénient est qu’en augmentant la course il faut diminuer la garde, ou avoir de très grandes paluches. Je pense être arrivé à un compromis acceptable entre efficacité de freinage et rapidité d’action (temps que mettent les doigts de la main pour arriver en bonne position sur le levier de frein). Mais c’est pas terrible l’hiver, avec de gros gants et le froid qui vous engourdit.

Samuel PIEDVACHE

Associez vous a l’image que je vais chercher à refléter dès a présent

Par le sport, je vais essayer de démontrer qu’après une amputation la vie peut encore poursuivre et surtout qu’elle offre encore de grande joie !
Hé oui, quelle fut ma surprise en ce 4 mars 2001, après un banal accident de moto, où je me suis retrouvé assis sur le bord de la route, fixant bêtement le bas de mon pantalon, mon pied droit avait disparu ! J’étais déjà amputé avant même l’arrivée des secours !
Les questions qui me passent dans la tête : que vais-je faire ? Que vais-je devenir ?
Moi qui ne m’étais jamais penché sur l’existence des prothèses pour amputé, et bien ce coup ci, j’allais, c’est sur, avoir toutes les réponses a des questions qui ne m’auraient jamais intéressées dans d’autres circonstances.
Et puis tout s’enchaîne, bien que, la rééducation de ma jambe gauche, bien abîmée aussi dans l’accident, aie ralenti un peu l’apprentissage de la marche avec ma prothèse, je reprends mon activité professionnelle 6 mois après mon accident. Mais une question me hante, moi qui était une personne active, que vais-je pouvoir faire maintenant ?
Et puis, une envie, refaire de la moto… mais avec quelle genre, les sportives ne m’attirent plus du tout, pas envie d’ un custom, pourquoi pas un trail ?
J’achète donc fin 2002 une 400 Suzuki DRZ, c’est un mono cylindre tranquille équipé d’un démarreur électrique, elle se montre très agréable et comme elle est tout équipée enduro, je me lance à l assaut des chemins pour la balade, et la, le déclic. De chemins roulants en chemins accidentés, je me surprends à augmenter les difficultés. De plus, nous sommes en hiver, la météo n’est pas la pour me faciliter la tache, mais malgré tout, j’y prends un réel plaisir et, c’est la, au début du printemps, que j’ai enfin su ce que je voulais faire : de l’enduro !
Je profite d’un dernier séjour a l hôpital pour une opération de ma jambe gauche pour remplacer ma moto. Il me faut une arme efficace, pas trop exigeante, capable de pardonner beaucoup. Mon choix est fait : ce sera une KTM 200cc EXC neuve.
Pendant ce temps la mon prothésiste travaille pour moi, je lui ai demandé de me confectionner une prothèse adaptée au besoin d’un sport extrême ! Ça promet !
15 jours après ma sortie de l’hôpital, je suis déjà sur la moto, je la rode et m’adapte à ma nouvelle monture et le dimanche 13 avril je suis enfin, au départ de mon premier enduro à Saint Congard !

L’enduro, c’est quoi ?

Il s’agit d’une épreuve moto tout terrain dont le but est de parcourir des étapes d’une 30e de km sur un parcours semé d’embûches (montées impossibles, franchissements de gués, etc.) en un temps précis qui nous aura était donné au départ de la course. A la fin de chaque étape, les avances ou retards de pointage sont pénalisés. L’idéal est donc d’arriver en avance pour pouvoir donner, à la minute précise, votre carton de pointage. Entre chaque étape, des spéciales plus courte (entre 5 et 10 km) sont chronométrées et c’est après avoir parcouru environ 150 km dans ces conditions que va être déterminé le classement. Celui-ci se calcule par les temps additionnés en spéciales + les pénalités de pointage .

Les résultats

Le 13 avril, 1er enduro à Saint Congard, je souffre le martyre, je n’aurais jamais souffert autant mais je mets un point d’honneur a finir ! verdict : 97e sur 180, une 60e de pilotes ont abandonné.
Le 15 juin, 2e enduro à Loguivy Plougras, je roule super bien (cette fois ci, j’arrive avec une grosse préparation physique ! ) malheureusement j’apprends le règlement en même temps que je roule, résultat 18 minutes de pénalité pour avance au pointage, dommage, verdict : 109e au classement.
Le 29 juin, 3e enduro à la Paquelais, ce coup ci rien ne peut m’arrêter, et malgré 3 chutes en spéciale : je finis 38e
Mon objectif pour 2004 :le championnat de Bretagne d’enduro dans sa totalité et quelques courses d’endurances (et plus encore si budget)

Comment vais-je rentabiliser votre investissement ?

Par des résumés ponctuels de mes courses, ou mes partenaires auront une bonne place. Ils seront diffusés, sur des sites pour handicapé et envoyés par lettre ou e-mail a mes généreux donateurs . La presse locale, j’espère ne manquera pas quelques lignes sur un pilote amputé et peut être, plus encore, vu que l’on commence à voir apparaître des reportages à la télévision, sur des amputés qui se mettent en avant grâce au sport. Votre entreprise sera donc médiatisée et reconnue comme une société qui aide les personnes handicapées.

Ma prothèse

J’ai un manchon en gel de polyuréthanne qui recouvre mon moignon, et qui a pour fonction de préserver ma peau et d’amortir les chocs avec l’emboîture.
Une genouillère étanche recouvre la cuisse et la prothèse pour la rendre complètement hermétique.
Une valve de dépressurisation évacue l’air restant, assurant un maintien total par succion.
Pour le pied, j’ai un Flexfoot classe3 le « Variflex » c’est un pied de sport un peu moins performant que le Modular III ,mais qui est plus confortable pour la marche. J’ai fait faire l’emboîture en carbone et une mousse avec la forme du mollet démontable par Velcro. Cette prothèse me permet de faire de l’enduro car elle supporte très bien la transpiration, celle ci étant évacuée par la valve.
L’ancienne fixation que j’avais, (manchon silicone à cliquet Iceross avec accroche distale) ne me permettait pas plus d’une demie-heure de moto avant d’être complètement inondé par la transpiration ce qui provoquait la perte de la prothèse.

L’Endurance de Lantic- Dimanche 1er septembre 2003

Le jour « J » est enfin arrivé, en plus le temps est avec nous.
Il a plu ces derniers jours, ce qui a arrosé le circuit juste ce qu’il faut pour pouvoir rouler sans qu’il y ait trop de poussière, c’est l’idéal !
J’arrive le matin et je retrouve mon associé d’un jour qui va être mon partenaire sur cette course d’endurance qui se dispute à deux.
C’est une course de 5 heures, nous sommes engagés, (n°51), avec deux motos, chaque pilote roule sur sa propre machine, ce qui va permettre de ravitailler tranquillement.
Après avoir installé notre stand et effectué les contrôles administratifs d’usage, la piste est ouverte pour une demi-heure d’essai libre, on va enfin pouvoir la découvrir.
C’est ma première course d’endurance, et d’entrée de jeu, je constate que le tracé, principalement fait de prairie, nous permet de rouler beaucoup plus vite qu’en enduro. J’ai un peu de mal a me lâcher, mais bon, ça ira mieux pendant la course, me dis-je…
Notre stratégie est établie, Philippe prendra le départ, (type « le Mans »), normal avec ses deux jambes il court plus vite que moi, en plus, sa moto possède un démarreur électrique, (une KTM 400), donc nous sommes sur de ne pas perdre de temps avec le démarrage du moteur. Puis, relais tous les 3 tours, il faut environ 10 minutes pour faire un tour, donc relais toutes les demi-heures.
A midi, le départ est donné, Philippe s’élance pour
ses 3 premiers tours. J’attends avec impatience mon relais….
Et une demi-heure plus tard, c’est mon tour, je sors des stands le couteau entre les dents.
Dans ma tête, 2 mots résonnent sans arrêt, « rouler vite, rouler vite » et…
Bingo, 4 chutes dans mon premier relais, constat immédiat, rien ne sert de vouloir aller trop vite si c’est pour passer son temps par terre, en plus à ce rythme la, il serait étonnant que j’arrive entier à la fin de la journée.
Je reprends la piste, et cette fois ci, je suis plus concentré sur mon pilotage (et peut être moins énervé aussi), je cherche les appuis dans les ornières qui commencent à apparaître un peu partout, je soigne mes trajectoires et là, à mon retour au stand, grosse surprise, je roule bien et même 1 minute par tour, en moyenne, plus vite que Philippe. En plus, on a la pêche, aussi nous décidons d’allonger nos relais à 4 tours pour perdre moins de temps !

Les relais s’enchaînent, je garde le bon rythme, je roule maintenant régulièrement en 8 minutes au tour. Je double à peu près autant de fois que je me fais doubler, je dois donc être dans le niveau moyen des pilotes inscrits à la course.
Les heures passent, la fatigue commence à se ressentir dans tous les muscles et il devient de plus en plus dur de prendre son relais. Maintenant, le circuit est complètement défoncé, la moto rebondit dans tous les sens. Même en ligne droite il n’est pas évident de tenir les gaz ouverts, paf… encore une chute, je n’étais pas retombé depuis mon premier relais, bon, il ne faut pas se déconcentrer, je repars à l’attaque des bosses !
Enfin le dernier relais, j’enchaîne péniblement mes derniers tours. Mais à voir les autres rouler, ils ne doivent pas être beaucoup plus en forme que moi, ça roule moins vite, et ça tombe beaucoup plus, il y a pas mal de gars qui se relèvent un peu partout. Et c’est avec un grand plaisir et une grande satisfaction que je passe le drapeau à damier qui marque la fin de la course.
Enfin !!!!…ouf … j’suis naze …….
Malheureusement, nous ne serons pas classés cette fois-ci, car Philippe a eu la très mauvaise idée pendant la course de remonter (quelques mètres seulement) à contre sens la voix des stands avec sa moto, la sanction est implacable « disqualifié » !!
J’ai quand même pu avoir le classement final avant que notre numéro ne soit enlevé.
Nous aurions été 47e,au scratch, sur 71 équipages inscrits et 24e dans la catégorie « enduriste » sur 38.
Je suis un peu déçu d’avoir été disqualifié, mais content malgré tout d’avoir encore une fois été au bout de la course et d’avoir pu encore une fois démontré qu’un amputé peut encore rouler vite ( hein, Philippe !!!!).
Je remercie Gérard pour l’assistance dans le stand, qui a su se montrer performant et attentif envers nos motos.
Je remercie également toutes les personnes qui sont passées me voir pour me passer un petit bonjour et surtout à David, ami de toujours, qui n’a pas hésité à faire 150 kilomètres pour me voir rouler !
Je remercie bien sur, mes partenaires et si l’envie de rejoindre l’aventure vous tente, je reste ouvert à toute proposition.
Retrouvez tous mes résumés de course sur le site d’A.D.E.P.A, un site formidable, d’aide aux personnes amputées comme moi et bien d’autres !
Rendez-vous le 19 octobre pour l’enduro de Breles dans le 29, j’y serais plus à l’aise, c’est la discipline que je préfère !

Sam

Endurance Martigné Ferchaud – Dimanche 21 septembre 2003

« Tu vas découvrir un vrai parcours d’endurance ! » m’avait-on dit, et bien, je n’ai pas été déçu ! Effectivement le parcours étant composé d’une 1ere partie faite dans 30 à 40 cm de poussière très fine, la 2e reprenant le tracé du circuit de moto-cross de Martigné-Ferchaud et la 3e de grandes prairies avec plein de petits virolos bien fatigants, ajouté à ça, une poussière rendant la visibilité proche de 0, une température proche des 30° et vous obtenez les conditions de course qu’il nous aura fallu endurer pendant 5 heures.
Je suis engagé, pour cette fois, avec David qui n’est autre que mon boss (patron de Moto Cup à DINAN). Le règlement est le même que pour LANTIC, puisque cette course compte aussi pour le championnat de Bretagne d’endurance.
Dès les essais du matin je me rends compte après plusieurs petites chutes que le sol est dur (aie!) et surtout qu’on n’y voit rien du tout, il n’y a pas de vent et la poussière reste en suspens sur le site.
Nous élaborons notre stratégie de course, David prendra le départ et après, relais tous les 4 tours, soit environ 50 minutes de roulage, donc si on suit notre tableau de marche, à la fin de mon 3e relais ce sera l’arrivée ! Facile !
Le départ est donné, David a réussi à partir dans le milieu du peloton, ça ne va pas être évident pour lui, niveau visibilité, vu le nuage que les 68 motos, lancées en même temps, dégagent sur le site ! Mais bon il ne s’en tire pas trop mal et me passe le relais comme prévu au bout de 4 tours, nous sommes alors 45e.Je m’élance donc à mon tour. Oullaaa, on ne voit rien !!!
Je n’arrive pas à me lâcher, je roule prudemment, je n’ai pas envie de retourner à l’hôpital ! Bon, je m’applique à perdre le moins de temps possible et je repasse la main au bout de mes 4 tours, nous sommes toujours 45e,les autres relais vont se passer sans embûches, nous tournons comme une montre suisse. Je repars pour mon dernier relais et là, surprise ! Le vent souffle un peu et me dégage la visibilité. Gazz et là, festival ! Je m’éclate complètement, j’ai une pêche d’enfer ( vu que j’ai roulé à l’économie tout le temps avant) je me surprends à bastonner avec des gars qui ont normalement un niveau bien plus élevé que le mien. La moto a un super comportement et je me fais vraiment plaisir, nous n’avons pas chronométré mes temps aux tours lors de mon dernier relais, mais, au vu du nombre de dépassements effectués, je pense avoir vraiment bien roulé ! Verdict 42e au scratch et 23e dans la catégorie « enduro ».Bon, c’est vrai, on est encore loin de gagner une épreuve, mais la progression est constante et pour un équipage qui n’a découvert la moto tout-terrain que l’hiver dernier, il y a quand même du monde derrière nous ! Je remercie Dunlop qui n’a pas hésité à mettre à ma disposition des pneus performants et qui me soutient dans le championnat de Bretagne d’enduro . Rendez-vous le 19 octobre pour l’enduro de Brélès, j’ai déjà hâte d’y être !

L’Enduro de Brélès – Une journée en enfer ! Dimanche 19 octobre 2003

Ca pourrait résumer mon enduro à Brélès !
Pourtant, tous les éléments étaient réunis pour que ce soit une bonne journée.
Le temps n’était pas très bon, mais au moins il n’y avait pas de pluie, une organisation top et un parcours qui s’annonçait très agréable !
Je me suis donc élancé « tranquillement », pour rejoindre le CH1 (Contrôle Horaire), contrairement à d habitude où je pars comme une balle et me plante lamentablement au bout de quelques minutes.
Et bien, se fut une grosse erreur ! En effet, s’il y a une règle d’or en enduro, c’est bien de garder un rythme assez rapide. La, je n’avance pas, je n’ai pas d’élan et je butte sur tous les obstacles ! Il faut dire que des obstacles, il y en avait un sacré paquet ! Les quelques 200 motos passées avant moi ont pris soin de faire des ornières si profondes que la roue AR de ma moto ne touche pas le fond !!!! Elle se cale sur le pot d’échappement avec la roue AR qui tourne dans le vide dans chaque montée !!!! Une horreur, j’ai levé, poussé, tiré, pendant un temps qui m’a semblé être une éternité ! Avec une seule jambe valide, vous imaginez bien que j’en ai bavé ….Enfin bref, je suis arrivé finalement au CH1 pour pointer avec 5 minutes de retard ( grrr , ça commence bien ! ) Aussi c’est sans même faire de pose que je repars pour la 2° partie du circuit ! J’ai plus de force dans les jambes ( ni dans les bras d’ailleurs ), je chute plusieurs fois sur des difficultés à 2 balles, parce que je ne tiens plus la moto !! Mais bon, si je n’ai pas la condition physique, j’ai au moins le mental et il n’est pas question d’abandonner.
J’arrive enfin à la spéciale, une très belle spéciale très agréable à rouler ( y’a pas besoin de descendre de la moto pour la pousser toutes les 5 minutes ! ) Je roule propre et je fais un chrono correct 6.39,31 . Y’a du monde derrière ! ( heuu… devant aussi d’ailleurs.)
Et enfin le CH2, ouff 15 minutes d ‘avance. Thierry mon accompagnateur, mécano, chauffeur, docteur et réconforteur de la journée, me remplit le réservoir d’essence pendant que j’en profite pour me restaurer un peu en vitamines !!
C’est bientôt l’heure de pointer, je tends mon carton au gars à coté de l’ horloge et là, il me dit la plus belle chose de la journée « tu vas jusqu’au CH3 puis tu reviens ici par la route pour faire une 2° spéciale, on annule le CH4 ! » Voilà, c’est pas compliqué de rendre les gens heureux !!! (Les organisateurs ont du voir que là, le parcours était un peu trop dur).
Je repars donc sur ces belles paroles comme un furieux, pour mon 2° Tours, ( le CH3 et le même que le CH1), et ça paye. Ca vas bien mieux, faut dire que bien des difficultés ont été déviées du tracé.
Je roule assez bien jusqu’à la moitié du parcours et puis là, avec la fatigue, une grosse chute dans le fond d’un talus va finir de m’achever physiquement ( j’ai la tête en bas, la moto a l’envers sur moi et le chemin est 2 mètres plus haut ). Et bien là, j’ai agi lâchement. J’ai attendu de l’aide pour remonter la moto sur le chemin, mais, malgré cette aide, ça m’a achevé définitivement. Je me suis traîné en butant toutes les 5 minutes sur la moindre petite difficulté jusqu’au CH3. Ce fut très, très, très dur !!! Du coup, je pointe encore avec 8 minutes de retard (gloups) et c’est donc par la route que je rejoins le départ de la spéciale.
Malgré le fait de ne plus avoir de muscles, je réussis à la boucler en 07.07,98 en chutant 1 fois, dommage !
Voilà, je suis donc rentré chez moi avec la désagréable impression d’être vraiment le dernier des poireaux ! pfff . Bonjour la déprime !! Et c’est finalement 2 jours après, quand j’ai eu les résultats que j’ai retrouvé le sourire. Oui j’ai vraiment souffert, mais j’ai pas du être le seul, parce que je suis finalement 63° sur 123 ! Hé, pas si mal pour un unijambiste !
Un grand merci à Dunlop, Castrol, Afam, Moto-cup, et Thierry sans qui cette journée mémorable n’aurait pu avoir lieu…

Sam.

L’Enduro de Le Merzer – 9 novembre 2003

Je peux bien l’avouer maintenant, j’ai eu un peu peur de m’inscrire pour cet enduro ! Il est reconnu pour être un des plus dur de la saison, car avec la pluie, le parcours se transforme vite en une patinoire géante avec bain de boue obligatoire pour tout le monde ! C’est donc avec beaucoup plus de sérieux (par rapport à Breles) que je me suis préparé pour cette course : Un méga déjeuné avant de partir, des pattes de fruits pleins les poches, un pneu AR neuf sur la moto (merci M. Dunlop ) et une bonne nuit de sommeil !!! J’arrive donc au petit matin pour les formalités administratives et la, je récupère l’article que m’a fait le journal local de Guingamp, sympa ! ( Hé hé, c’est trop bon d’être une star !! ) Bon les autographes c’est bien joli, mais va peut-être falloir rouler maintenant ….Gazzzz, le parcours est sec, royal, ça roule super bien et j’adopte tout de suite la meilleur des techniques  » a fond tout le temps, plus tu vas vite, mieux ça passe !!   » (J’allais pas refaire le coup de Breles, ou j’étais parti sur un faux rythme).

Et bingo, je remonte les concurrents comme une balle et en plus, cerise sur le gâteau : Je m’amuse comme un fou avec les 2 gars partis en même temps que moi !! C’est la mini course dans la course !! On va donc arriver au CH1 avec plus ¼ d’heure d’avance, tip top pour le ravitaillement en essence et en patte de fruits ! Après le pointage, je repars et on remet ça de plus belle avec une 2e partie un peu plus technique, mais rien de vraiment méchant finalement, juste une petite alerte a la sortie d’un bois, ou en reprenant la route avec un peu trop d’enthousiasme, l’avant m’échappe et patatra, la KTM sur le bitume et le bonhomme avec … bon ça va, pas de mal, mais ça va me calmer un peu sur la route !! J’arrive à la spéciale, elle ne sera faite qu’une fois et va donc être déterminante, car bon nombre de pilotes sont arrivés dans les temps sans prendre de pénalité !

Je pars donc, mais peut-être un peu trop prudemment, il faut dire que la chute sera gravement ressentie pour le classement final ! C’est donc sur la réserve que je vais boucler la partie chronométrée, je n’ai pas été très vite, mais au moins je ne suis pas tombé, reste plus qu’a voir si la technique était la bonne ! Et enfin le CH2 (avec plus de 20 minutes d’avance ! ) qui marque pour nous la fin de cet enduro ! L’édition du Merzer 2003 restera dans les souvenirs de beaucoup comme étant une année  » facile « .La pluie ne sera pas de la partie, or, c’est elle qui fait toute la difficulté de l’épreuve. Toujours est-il que j’en garderais un super souvenir, je me suis régalé sur toute la longueur du tracé ! Comme d’habitude, c’est seulement après quelques jours que je découvre le classement, et le verdict du chrono est implacable, je suis 43e sur 142 avec un temps en spécial de 04 34.52 !! C’est bien…. et comme je sais que je n’ai pas donné le meilleur de moi-même pendant la partie chronométrée ….( Hé hé, j’en garde pour l’année prochaine ….) Je remercie Bruno qui m’a accompagné sur cet enduro et aussi mes partenaires pour l’aide qu’ils peuvent m’apporter pour pouvoir réaliser le rêve de beaucoup : faire de la compétition moto !

Sam.

L’enduro de Hénon

Ca y est , c’est reparti pour une nouvelle saison ! J’avais vraiment hâte d’y être pour pouvoir juger de mon niveau par rapport aux autres dans cette catégorie L2, (ligue 2, NCA), qui est pour moi une première. Première, d’ailleurs, qui est parue dans le journal local de St Brieuc « Le Penthièvre »,le vendredi, juste avant la course, royal. Je suis donc arrivé le dimanche matin dans la petite commune de Hénon, hop décharger la moto, contrôle administratif et technique pour la moto, R.A.S et c ‘est à 10h57 que je me suis élancé pour 2 tours du circuit d’environ une 50aine de kms … et gros gaz d’entrée, vu que je ne sais pas si je suis assez rapide pour pointer à l’heure au 1er CH je décide donc de partir sur un rythme rapide ( heu, rapide pour moi, hein !) Et ça marche pas trop mal puisque je remonte sur les gars devant, et plouf, , 1er grosse frayeur quand juste après une bosse la moto s’enfonce dans une véritable marre (pas signalée celle la !!! ) Arff, «  »dediou » » va falloir qu’elle sorte de la, gazzzz, malheureusement le moteur s’arrête à 1 mètre de la sortie, finalement elle redémarrera après une 30aine de coups de kicks, ouf, mais que de temps perdu ! J’arrive enfin au 1er CH avec 7 minutes d’avance, sachant le temps perdu dans la marre, je suis vraiment content de moi !! je pointe à l’heure et repars, mais sur un rythme moins rapide puisque je sais maintenant que je suis dans les temps …

Bilan a l’arrivée au CH2, 8 minutes de retard !!! grrr grrr aie aie aie, fallait pas mollir !! Donc, je ne me repose pas et attaque le 3e CH le couteau entre les dents et … 2e alerte : trop vite entre les arbres mon guidon tape fortement à droite et me projette sur la gauche directement dans un arbre ! Aie aie aie, je repars péniblement mais perds encore quelques précieuses minutes a refixer la plaque phare de la moto qui a maintenant envie de se faire la malle !! (Faut dire qu’elle n’a pas apprécié le fait d’être écrasée contre un arbre ! ) J’arrive enfin a la spéciale, toute en dévers et très glissante, finalement plutôt que de sortir la grosse attaque, je vais la parcourir en assurant un max. , Bilan, un temps moyen, (08.05,87) mais pas de chute ! J’arrive au CH3 avec 9 minutes d’avance, hop, le plein d’essence, une patte de fruit et je repars pour mon 2e tour ! Tiens la marre ou j’ai failli me noyer est maintenant déviée ! bizarre … CH4 toujours a l’heure, tout va bien …

Et maintenant c’est encore le parcours ou j’avais pris de la pénalité au premier tour qui va me tuer physiquement, comme je suis naze, je multiplie les erreurs de pilotage et je les paye caches par de nombreuses chutes, là je sais que je ne suis plus dans le coup, je me fais remonter par d’autres concurrents, j’essayerais bien de me faire tirer par quelques pilotes plus rapides, mais physiquement je suis mort j’arrive donc au CH5 en retard de plusieurs minutes (9minutes)… pffff et repars directement et péniblement pour la dernière partie du circuit, je vais faire ma 2e spéciale complètement vidé, bilan 2 chutes=09.01,29 (ben, pour le classement ça va pas être bon !) Et enfin je pointe au CH6 sans même regarder mon temps … Dégoûté et épuisé que je suis par 5 heures de moto non-stop …la moto est mise au parc fermé, et je peux enfin me reposer, me changer et manger un peu pour me refaire une petite santé. Regardons un peu le classement, heu 42e, c’est moyen mais bon, je sais maintenant que j’ai ma place dans cette catégorie, a moi de progresser physiquement pour ne pas m’écrouler en fin de course ! je vous donne rendez-vous dans 15 jours, pour l’enduro de St Congard ou j’espère remonter dans le classement …

@+
Sam

 

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