Les genoux
Genoux à axe simple
Les genoux à axe simple constituent les modèles de base. Ils fonctionnent comme une charnière de porte qui se plie et que l’on peut positionner en extension ou en flexion. Ils sont peu coûteux, légers et ont une bonne durabilité compte tenu de leur simplicité.Les inconvénients sont qu’ils sont bruyants, difficile à manier (l’amortissement de la phase pendulaire se fait par friction) et difficile à plier (choc en fin de phase d’extension très désagréable).
Les genoux à axe simple ont cependant quelques limites. Puisqu’ils se balancent librement et n’ont pas de contrôle de positions, la personne amputée doit utiliser sa propre force musculaire pour rester stable lorsqu’elle se tient debout sur sa jambe artificielle. Par contre, pour certains adultes, il sera plus difficile de contrôler le genou. De par leur conception, les genoux à axe simple ne permettent de marcher qu’à une seule vitesse et ne s’adaptent absolument pas aux accélérations et ralentissement de la marche.
En ce qui a trait aux limitations des positions offertes, on peut les enrayer en ajoutant un genou à blocage ou un genou à contrôle de phase d’appui
Genoux à blocage
Certaines personnes n’ont pas l’équilibre nécessaire pour contrôler un genou pliant ou ne possèdent pas un contrôle suffisant de leurs hanches pour stabiliser un genou à axe simple, genou ne possédant pas de contrôle de position (seul le poids du corps permet de bloquer le genou en position debout). Pour leur permettre de retrouver une bonne stabilité, ces personnes utilisent un genou à blocage manuel.Ces genoux sont utilisés chez les personnes âgées ou chez les personnes présentant un handicap associé ne leur permettant pas de contrôler correctement la phase d’appui avec un genou libre
Un genou à blocage manuel peut être positionné, en tirant sur un levier ou un câble, de façon à permettre à la personne amputée de marcher (blocage en extension) ou de s’asseoir. Il y a des dangers inhérents à utiliser un genou bloqué lorsque l’on marche. Dans l’éventualité où une personne chuterait, il serait impossible de contrôler la chute avec une jambe raide. De plus, l’utilisation d’un genou bloqué rend la démarche raide et force la personne amputée à boiter. Les prothésistes ne recommandent les genoux bloqués qu’en dernier recours. Cependant, lorsque la stabilité de la personne est menacée, le genou à blocage est la seule option qui permettra à cette dernière de marcher.
Genoux à contrôle de la phase d’appui
Les genoux à contrôle de phase d’appui, communément appelés «genoux sécuritaires», sont munis d’un système de blocage par friction qui est activé par la pression du poids du corps et qui empêche le genou de plier lors de l’appui. Ces genoux se balancent lorsqu’il y a peu ou pas de poids sur la prothèse, mais se bloquent dès qu’une pression est exercée sur le genou. Puisqu’il fonctionne à l’aide d’un axe simple pour plier, il est préférable d’utiliser un genou à blocage pour la marche.
Ce type de genou est approprié pour les personnes amputées ayant un contrôle limité de leur genou. Par exemple, certains amputés peuvent contrôler avec assurance leur prothèse mais se fatiguent rapidement après quelques pas (particulièrement les personnes dont l’amputation est haute et qui ont des faiblesses dues à une mauvaise circulation sanguine). La personne doit peser sur le genou partiellement plié pour déclencher le verrou qui empêchera la jambe de s’affaisser. Il est donc impossible d’avoir une démarche naturelle.
Le genou à contrôle de phase d’appui est particulièrement adapté pour les personnes âgées qui ne marchent pas vite et ont besoin de se sentir en sécurité
Genoux polycentriques
Les genoux polycentriques, communément appelés «genoux à quatre barres», comprennent plusieurs axes de rotation et sont les modèles les plus complexes qui existent mécaniquement. En plus de permettre à la personne de s’asseoir, ils peuvent être ajustés de manière à offrir une bonne stabilité lors de l’initiation à la marche et à permettre une flexion nécessaire pour l’initiation au balancement.
Une des caractéristiques des genoux polycentriques appréciée des personnes amputées est que, de par leur conception, la jambe raccourcit lorsqu’un pas est exécuté. Avec une jambe légèrement plus courte, la personne risque moins de se cogner un orteil lorsqu’elle marche.
Genou à 4 axes à bielles longues avec verrou optionnel (Proteor). Lors des déplacements demandant beaucoup de sécurité (terrain très instable, activité nécessitant une stabilité supplémentaire), le verrou peut être utilisé.
Ce type de genou convient autant aux personnes amputées actives qu’à celles qui le sont moins. Les différentes versions de ce genou s’avèrent d’excellents choix pour les personnes qui n’obtiennent pas une bonne stabilité avec d’autres modèles de genoux, qui sont amputées des deux jambes, qui ont un moignon trop long ou qui sont amputées du genou.
Le genou polycentrique standard est muni d’un simple mécanisme de balancement offrant une seule vitesse de marche. Cependant, il existe d’autres modèles de genoux polycentriques munis d’un système pneumatique ou hydraulique permettant de marcher à des vitesses variables.
Genoux pneumatiques et hydrauliques
Les personnes amputées actives utilisent un genou à axe simple ou polycentrique muni d’un système pneumatique ou hydraulique.
Ces modèles sont composés de pistons placés à l’intérieur de cylindres à air (système pneumatique) ou contenant un liquide (système hydraulique). Ils permettent à la personne de marcher aisément, rapidement ou lentement. Lorsque la personne marche plus rapidement, la valve contenue dans le cylindre se ferme laissant ainsi échapper moins d’air ou de liquide, ce qui a pour effet de limiter la flexion. Lorsque la personne marche plus lentement, le processus inverse se produit, c’est-à-dire que la valve s’ouvre pour permettre un plus grand flux d’air ou de liquide ce qui a pour effet d’amplifier le mouvement de flexion et de permettre une marche plus lente.
Total Knee (Ossur) : genou pneumatique
Endolite (hydraulique)
3R80 (Ottobock) : genou hydraulique)
Mercury (Endolite) : genou hydraulique
Le genou hydraulique avec contrôle d’oscillation (Swing control – S) ou avec contrôle d’oscillation et de position (Swing and Stance control – SNS) est conçu pour la marche à vitesse variable. Le réglage du contrôle d’oscillation de la flexion et de l’extension peut être ajusté individuellement. Ces genoux permettent une démarche beaucoup plus naturelle. Le système hydraulique est recommandé pour les personnes amputées actives puisqu’il est plus résistant que le système pneumatique.
Ces deux systèmes sont également utilisés dans la fabrication de genoux à microprocesseurs.
Genoux à microprocesseurs
Les genoux contrôlés par microprocesseur utilisent la technologie informatique pour accroître les fonctions des modèles mécaniques, pneumatiques et hydrauliques et ceux à axe simple.
Les fonctions de base des systèmes pneumatiques et hydrauliques permettent au genou d’augmenter ou de réduire la vitesse de marche mais seulement de façon très graduelle. On ne peut pas passer instantanément de très lent à très vite.
L’adjonction d’un microprocesseur permet les changements de vitesse rapides, qui se font presque instantanément, rendant ainsi les mouvements du genou plus naturels. Elle permet également de contrôler l’appui et la flexion en terrain accidenté ou lors de la descente des escaliers.
Dernier avantage et non des moindres, le microprocesseur permet de sécuriser la phase d’appui, évitant les chutes intempestives en cas de manque de contrôle de la phase d’appui
Le C-Leg (Ottobock)
Voir la vidéo ADEPA :
http://www.dailymotion.com/video/x88j1_le-c-leg-en-terrain-accidente
Le 1P340 de Proteor
Stabilité en phase d’appui, genou modulaire permettant un essayage sur le patient, contrôle de la vitesse de la phase pendulaire par microprocesseur, flexion jusqu’à 160°, distance entre le centre de l’axe supérieur et le haut de la pyramide : 25 mm.
Durée moyenne de la batterie : supérieure à un an.
Le Rheo Knee d’Ossur
En utilisant une technologie avançéede déclencheur magnéto-rhéologique* (MR) et un algorithme d’étude dynamique Matrix™ (DLMA), le genou Rheo apprend automatiquement les mouvements de l’utilisateur et ajuste rapidement la résistance d’oscillation et d’appui pour une réponse en cadence et en stabilité optimale pendant la marche.
Le Rheo Knee a été mis au point en collaboration avec le Massachusetts Institute of Technology (MIT)
Quelques-uns de ces modèles utilisent des valves pilotées par un microprocesseur, situées dans un cylindre pneumatique, qui ajustent le degré de limitation du mouvement de flexion. D’autres modèles utilisent un système informatisé pour contrôler les mouvements de balancement et la stabilité. Les changements de rythme de marche sont captés par une multitude de détecteurs qui envoient des messages (à raison de 50 par seconde) à un microprocesseur.
Les genoux à microprocesseur permettent une démarche plus naturelle comme en témoignent des personnes amputées qui «n’ont plus besoin de penser à chaque pas qu’elles font» et peuvent oublier leur prothèse. Il existe plusieurs modèles de genoux informatisés : le Intelligent Prosthesis Plus d’Endolite, le C-Leg et le Genium d’Otto Bock, le Rheo d’Össur et le 1P340 de Proteor. Seuls le C-Leg et le Rheo Knee sont pris en charge par la Sécurité Sociale
Genoux motorisés
Le seul genou motorisé permettant une phase pendulaire active et la montée d’escalier s’appelle le Power Knee II (Össur).
Son autonomie est limitée à quelques heures.
Pour en savoir plus, consultez le site d’Össur
Pour en savoir plus sur les genoux, vous pouvez consulter les sites des fabriquants ou de certains orthoprothésistes
Pour en savoir plus :
- La liste actualisée sur le site de la Sécurité Sociale
- Le site de l’HAS (utilisez le moteur de recherche interne)
- Le Genou monoaxial (PDF 3 Mo)
- Le Genou Polycentrique (PDF 3 Mo)
