Le ski alpin

La pratique du ski ne pose pas de problème pour les amputés car il existe toujours une solution technique. Il est toujours possible de skier debout avec ou sans prothèses sauf pour les amputés fémoraux bilatéraux  (voir paragraphe 2) qui skient assis. La matériel est disponible dans la plupart des stations (voir avec ESF en particulier). ADEPA oragnise chaque hiver un stage d’initiation au ski ou au snowboard, vous trouverez les renseignements sur le blog ou le forum ou en nous contactant par mail.

Premiers conseils pour débuter en ski

1 – Ski debout avec ou sans prothèse

La pratique du ski debout est possible pour la plupart des amputés unilatéraux de membres inférieurs ou supérieurs. Les amputés tibiaux skient habituellement avec leur prothèse, les amputés fémoraux sans leur prothèse, à l’aide de bâtons stabilisateurs (stabilisateurs), construits sur le modèle de cannes anglaises pourvues de patins et permettant des appuis glissés sur la neige. Vous trouverez ici quelques repères, qui ne vous dispensent pas toutefois des conseils de professionnels, dont vous trouverez également les coordonnées sur ces pages.

Amputés tibiaux

Les amputés tibiaux skient avec leur prothèse, ce qui implique soit de choisir un modèle de chaussure qui s’ouvre suffisamment pour y glisser le pied de la prothèse. Les athlètes adoptent quelquefois un système de fixation directe sur le ski, en s’affranchissant de la chaussure; ce système apparait totalement irréaliste dans le cadre du ski de loisir. En dehors du problème de chaussage, la pratique du ski de loisir ne nécessite que peu d’adaptation :

  1. Talonnette sous le talon du pied de prothèse, dans la coque de préférence. Cette talonnette, de 2 à 4 cm au maximum permet l’antéflexion de l’axe de la prothèse et une meilleure flexion du genou.
  2. Genouillère étanche en silicone améliorant le contact et la tenue de l’emboîture. Selon le choix, on peut y adjoindre un cuissard qui améliore la stabilité du ski en direction.

Amputés fémoraux

La plupart des amputés fémoraux skient sans prothèse à l’aide de bâtons stabilisateurs (informations sur les stabilisateurs pour les amputés fémoraux ou tibiaux skiant debout sans prothèse). Dans certains cas (snowboard, monoski) il est possible de skier avec la prothèse, moyennant certaines adaptations ou réglages au niveau du genou.

Il existe deux prothèses spécifiques permettant le ski ou tout autre sport de glisse :

  1. PRO CARVE II : Chabloz Orthopédie et Rhône Orthopédie en partenariat avec ADEPA ont mis au point une prothèse (genou et pied) PROCARVE II spécifiquement conçue pour les sports de glisse (ski alpin, télémark, snowboard et roller). Cette prothèse est commercialisée depuis le premier semestre 2010. Si vous êtes intéressés, merci de nous contacter par mail pour les informations techniques et commerciales. Vous pouvez voir quelques informations sur le forum d’ADEPA ou visionner la vidéo suivante.
  2. XT9 : mise au point par Symbiotech aux USA et distribuée dans le monde entier

Les genoux informatisés (contenant un microprocesseur) de type C-Leg de chez Otto Bock, Rheo Knee d’Ossur ou Intelligent Prosthesis Plus d’Endolite peuvent éventuellement être utilisés mais leur principal inconvénient est leur prix élevé et leur fragilité …

Amputés de membre supérieur.

La pratique du ski alpin est possible sans adaptation; en compétition les skieurs skient sans bâton et sans prothèse ou sans bâtons en cas d’amputation bilatérale.

Amputations bilatérales de membres inférieurs

La solution la plus souvent adoptée est celle du ski assis. Toutefois, certains amputés tibiaux bilatéraux skient debout avec leur prothèse.

2 – Ski assis  (Rédaction : Gilles PLACE de la FFH )

La pratique du ski assis est ouverte aux amputés pour lesquels les techniques de ski debout sont peu satisfaisantes ou impraticables : amputés fémoraux ou tibiaux bilatéraux par exemple.

Dans la technique la plus satisfaisante, celle de l’uniski (ou une déclinaison, le dual-ski), le skieur est assis et sanglé dans une coque fixée sur un ski (ou deux) par l’intermédiaire d’un système d’amortissement, et il assure son équilibre latéral avec 2 stabilisateurs(pourvus de patins permettant des appuis en glissement). Il peut prétendre à terme à des évolutions en tous points comparables à celles des valides, sur les pistes comme sur les remontées mécaniques.

D’autres techniques existent (bi-ski, fauteuil-ski, etc…) : moins exigeantes pour le handicapé, mais un peu moins performantes aussi car devant être limitées parfois au terrain très facile et à certains types de remontées, elles présentent pourtant un grand intérêt dans les cas où l’uniski(ou le dual) ne peut être utilisé correctement. Il faut cependant s’assurer de l’homologation des matériels : les engins plus ou moins exotiques et bricolés se verront interdire, légitimement, l’accès aux stations (c’est valable aussi pour les uniskis/dual-skis).

Jean Yves Lemeur, membre de l’Équipe de France Turin 2006 (lire informations sur le blog d’ADEPA)

I. L’initiation

1. La découverte du ski doit se faire dans le cadre d’un apprentissage dispensé par des personnes compétentes.

C’est la règle fondamentale ; il faut absolument bannir l’improvisation d’une tentative individuelle plus ou moins organisée, qui risque d’être une source de découragement, sinon dangereuse. Autre point essentiel : des conduites irresponsables peuvent entraîner de la part des stations des réactions de méfiance ou de rejet catastrophiques pour l’ensemble des handicapés… Avant même que vos instructeurs ne les développent, voici, livrées d’ores et déjà à votre réflexion, les autres règles de base (et de bon sens) à observer :

2. Le skieur handicapé doit préserver la sécurité de tous les usagers, sur les pistes comme sur les remontées.

3. Il ne doit être la cause d’aucune perturbation ou gêne sensible, en particulier dans le fonctionnement des installations de remontée.

4. La Direction de la Station reste maître d’interdire l’accès à ses installations à tout skieur ne respectant pas ces conditions.

A noter que pour les skieurs assis, la règle 2 impliquera la présence constante d’un accompagnateur sachant skier suffisamment bien pour les assister en cas de besoin, et ceci même lorsqu’ils seront devenus des skieurs confirmés (sauf exceptions admises par les stations) :

5. Un skieur assis, quel que soit son niveau, est obligatoirement accompagné d’un bon skieur valide (chargé de veiller à l’application des règles 2 et 3 ci-dessus).

Le respect de ces règles est seul à même de préserver l’intégration harmonieuse de notre pratique à celle des valides, sur les mêmes terrains et les mêmes installations qu’eux, et avec alors leur approbation souvent chaleureuse.

Ceci implique de la part de chaque handicapé une rigueur sans faille dans le choix de matériels homologués, dans leur usage maîtrisé, et dans l’observation de comportements corrects, toutes choses qui sont enseignées dans de nombreux stages d’initiation-perfectionnement, d’où la règle 1 énoncée en commençant.

Dans la pratique, il est conseillé de procéder ainsi :

soit vous vous inscrivez à un stage d’initiation : ils durent en général une semaine, on vous y fournit le matériel en prêt ou location, et les prestations hôtelières;

soit vous organisez vous-même un séjour, mais dans une station possédant une École de Ski où du matériel et des moniteurs compétents en handisport sont disponibles.

Dans les deux cas, contactez la FFH en début de saison pour avoir la liste des possibilités et le calendrier.

II. Le perfectionnement

Par la suite, si l’expérience est positive, il faudra :

Envisager l’achat du matériel (pour éviter les aléas de la location, trouver des réglages plus fins et personnalisés, etc…) : les stages d’initiation auront été l’occasion de collecter des renseignements sur le sujet, voire de faire des essais comparatifs ; la F.F.Handisport peut fournir un panorama complet de l’offre (voir Adresses utiles);

Faire du perfectionnement, bien encadré, dans les mêmes conditions que ci-dessus, jusqu’à se sentir assez sûr pour passer éventuellement à l’étape suivante :

III. La pratique individuelle

Elle intervient dès que les capacités d’évoluer en observant les règles 2, 3 et 4 ci-dessus sont acquises. La présence de l’accompagnant reste obligatoire (règle 5), avec les tâches telles qu’indiquées lors des stages d’initiation, mais les journées ou séjours en famille ou avec des amis deviennent possibles hors de toute structure spécialisée.

IV. La compétition

Elle ne peut être envisagée qu’en étant encadrée par la Fédération Française Handisport.

Si vous décidez de vous initier, vous pouvez nous contacter par mail.